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CITOYENNE D’UNE PRECIEUSE VIE HUMAINE

  • Photo du rédacteur: Nathalie LACOUR GUILLEMEAU
    Nathalie LACOUR GUILLEMEAU
  • 2 mars
  • 6 min de lecture



JE SUIS CITOYENNE D’UNE VIEILLE HUMANITE QUI A OUBLIE QU’ELLE PEUT SE REGARDER.


Vieille non pas parce qu’elle serait dépassée, mais parce qu’elle porte en elle des millénaires d’élans, de blessures, de génie, de violence et de lumière.

Face aux inquiétudes contemporaines, je regarde notre époque avec une tendresse particulière.


NOTRE ÉPOQUE : LUCIDITÉ & SOLITUDE

Nous vivons une époque brillante. Connectée. Cultivée. Capable de nous relier au monde entier en un clic. Je vois, lis, écoute, découvre tant d’êtres humains brillants, cultivés. Une époque capable de nous relier au monde entier en un clic. Un monde contemporain qui nous fait nous sentir pourtant profondément seuls.


Chez Présence, je vois passer des adultes merveilleux, formidables, compétents, intelligents, courageux, qui ne trouvent plus le goût. Des adolescents déjà fatigués. Des femmes et des hommes qui avancent sans toujours savoir pourquoi ils avancent. Et qui doutent parfois de pouvoir durer encore longtemps comme ça.

Et parfois, dans le silence d’une confidence, dans un souffle gêné d’oser, j’entends cette phrase : « Je me demande si ça vaut la peine. »

Je connais cette question qui se couvre de certitude pour ne pas la reconnaître. Il existe des endroits dans la psyché humaine où la vie semble perdre toute évidence. J’ai connu cet endroit. Je sais ce moment où la fatigue ne concerne plus seulement le corps mais le sens même d’exister.

Où l’on croit que s’arrêter serait plus juste que continuer.

Où la disparition paraît plus cohérente que la lutte.

Je n’en parle pas comme d’une idée théorique. J’en parle comme d’un seuil traversé. Un seuil dangereux parce qu’il arbore les couleurs du soulagement. Mais surtout celles d’un abîme irréversible.

Mais la tendresse change tout.


La perte de sens n’est pas une faiblesse individuelle. C’est un signal collectif.

Si je me suis engagée et rengagée ces dernières années, ce n’est pas pour embellir le monde. C’est parce que je sais que cet abîme existe et que je sais surtout qu’il ne dit pas toute la vérité.

Notre vieille humanité souffre d’un paradoxe immense : une capacité de conscience si peu utilisée pour se comprendre soi-même.

Nous pouvons observer nos pensées. Nos élans. Nos colères. Nos peurs archaïques. Nos conditionnements familiaux, culturels, sociaux.

Nous pouvons regarder l’esprit en train de produire du récit.

Et pourtant, nous nous identifions à chaque pensée comme si elle était un verdict.

Nous prenons nos peurs pour des réalités. Nous prenons nos mécanismes pour des identités. Nous prenons nos blessures pour des destins.


Je suis engagée dans cette vieille humanité parce que je crois que le cœur de notre avenir ne se joue pas d’abord dans nos technologies mais dans notre capacité à nous regarder.


Sans complaisance.

Sans haine

Sans fuite.        Se regarder, voilà peut-être l’acte le plus courageux qui soit.



PASSEUSE

Je ne me sens pas investie d’une mission grandiose. Passeuse Je me sens passeuse entre le bruit et le silence. Entre la confusion et la clarté. Entre l’identification et l’observation. Je tends une lumière fragile dans les zones où l’on croit que tout est définitivement sombre. Je parle souvent d’un jardin intérieur. Ce n’est pas une image naïve. Un jardin suppose des saisons. Des périodes de jachère. Des terres pauvres. Des floraisons inattendues.

Certaines graines ont été arrosées à l’excès : la vigilance, la peur, la nécessité de prouver.D’autres ont manqué d’eau : la confiance tranquille, la joie simple, la capacité à se reposer sans se sentir coupable.

Mais rien n’est figé.

Même notre biologie nous le murmure : nous ne sommes pas condamnés à l’expression unique de nos premiers apprentissages. L’environnement, le regard, la conscience modifient ce qui se déploie. Si l’ADN contient des possibles, c’est la manière dont nous vivons qui en module l’expression. Il en va de même pour nos paysages intérieurs.

Je ne dis pas aux personnes que j’accompagne quoi cultiver. Je ne leur fournis pas un plan de plantation. Je leur propose de regarder. Regarder sans se juger. Car le jugement est une perte d’énergie considérable. Il entretient la lutte intérieure. Il fige les identités.

L’acceptation, telle que je la comprends, n’est pas une résignation molle. C’est un constat lucide :« Voilà ce qui est là. Basta. »

À partir de là seulement, quelque chose peut s’ajuster.

Parfois il faut arroser. Parfois tailler. Parfois ne rien faire. Laisser une graine prendre son temps.

Cesser d’alimenter une ronce qui s’épuise d’elle-même.


FEMME

Je suis une femme qui a cru longtemps que la valeur se prouvait. Une femme formée à construire, à produire, à tenir. Et convaincue qu’il fallait le faire. Une femme qui a connu l’effondrement silencieux. Celui qui ne fait pas de bruit mais qui fissure l’intérieur.

Je ne parle pas depuis une rive opposée à la souffrance. Je parle depuis un lieu traversé. Je ne suis pas devenue imperméable. Je suis juste devenue attentive.

Attentive aux endroits où l’esprit dramatise.

Attentive aux moments où la peur se déguise en vérité.

Attentive aux récits qui s’installent sans que l’on s’en aperçoive.

Je ne suis pas arrivée. Je marche. Et c’est parce que je marche que je peux accompagner.


THERAPEUTE

Être thérapeute est venu après. Comme une conséquence. Je n’ai aucune vérité à enseigner. Aucune destinée à assigner. Aucune décision à prendre pour quelqu’un d’autre. Je ne sais pas ce qui est bon pour vous.

Je sais seulement ceci : la réponse ne se trouve pas dans l’accumulation, l’autre, ce qui aurait dû ou ce qui sera peut-être. Elle se trouve dans le regard. Le regard que l’on porte sur soi et celui que l’on s’autorise à porter autour de soi.


Changer de regard ne change pas immédiatement les circonstances. Mais cela transforme radicalement la manière de les habiter. Les lunettes de la pleine conscience, de la présence, ne suppriment pas la douleur.

Elles empêchent juste qu’elle devienne identité.

Et elles révèlent que derrière chaque mécanisme il y a un élan vers la vie. Même maladroit.


RECONCILIATION

Au fond, tout ce que je fais tient dans un mot : RECONCILIATION


Réconciliation avec ce que nous sommes, avant d’exiger de devenir autre chose.Réconciliation avec notre part d’ombre sans la laisser gouverner, nous et le monde.Réconciliation avec cette vieille humanité qui tâtonne encore mais qui porte en elle une intelligence immense.

Je crois que la réconciliation intérieure n’est pas un confort. C’est un acte profondément citoyen. Un être humain réconcilié cesse d’exporter sa guerre intérieure dans ses relations, dans ses choix, dans ses engagements. Un peu moins c’est déjà ça.


Peut-être que notre vieille humanité a seulement besoin d’être suffisamment lucides pour accepter de se regarder et de cultiver, patiemment, ce qui lui a été confiée : sa parcelle de vie, son terreau fertile, son intériorité.


Je terminerai par une expérience très simple. Ma première méditation, alors que je commençais à émerger de ma dépression, a été pour moi une révélation que je ne comprenais pas. Il ne s’est rien passé d’extraordinaire. Simplement, pendant quelques secondes, j’ai été traversée par une sensation de paix.

Courte.

Silencieuse.

Inattendue.


Je me souviens de mes yeux comme écarquillés intérieurement, je ne sais pas s’ils l’étaient réellement, mais je me souviens très clairement de cette pensée : “C’est ça que je cherche.”

Ce qui m’a bouleversée, ce n’était pas l’intensité. C’était la découverte que cette paix n’était pas extérieure. Elle était en moi.

Ensuite, il m’a fallu du temps. Beaucoup de temps. Des détours. Des retours en arrière. Des aléas. Des apprentissages. Il m’a fallu m’entraîner. Douter. Recommencer. Apprendre à me faire confiance. Apprendre à écouter. Mais quelque chose était tracé.

Le point de départ n’était plus à l’extérieur. Il était en moi.


J’y ai trouvé le germe d’une sécurité intérieure que je ne soupçonnais pas. Le terreau d’une réconciliation progressive.


LA PLUS BELLE RENCONTRE DE MA VIE : celle que je suis vraiment

Parce que cette rencontre n’est pas un repli. Elle n’est pas une autosuffisance.

Elle a été, au contraire, le seul moyen de m’ouvrir réellement aux autres, de sortir d’une souffrance où je m’étais placée au centre et d’entrer dans le mouvement de la vie.


À partir du cœur.


Et je crois profondément que c’est cela dont le monde a besoin : que nous acceptions de nous rencontrer et de nous aimer sans complaisance mais sans guerre, pour pouvoir ouvrir notre cœur sans projeter sur l’autre ce que nous refusons de voir en nous.

-        La vie nous est donnée avec la capacité de conscience.

-        Cette conscience nous rend responsables de ce que nous cultivons en nous.

-        L’ignorance de ce que nous portons produit la souffrance que nous déplorons.

-        La paix ne peut être cultivée qu’en soi.


C’est dans cet enchaînement que j’ai compris, un jour, que la vie était, profondément, vertigineusement précieuse.


Si ces mots résonnent, si vous traversez une période de perte de sens, si vous cherchez à vous regarder autrement, Je vous accueille chez Présence.

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